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Rezdiffra :

le premier traitement approuvé contre la MASH

Pour la première fois, un médicament cible directement la stéatohépatite non alcoolique, une maladie du foie longtemps sans solution thérapeutique. Le Rezdiffra (resmetirom), récemment autorisé par la FDA américaine puis en France via un accès précoce, offre de nouveaux espoirs aux patients.


La stéatohépatite non alcoolique (NASH) touche des millions de personnes, souvent sans qu’elles le sachent. Cette pathologie, causée par une accumulation excessive de graisses dans le foie, finit par entraîner une inflammation et des cicatrices hépatiques. Elle est fréquemment associée à d’autres troubles métaboliques tels que le diabète de type 2 ou l’hypertension artérielle.


Jusqu’à présent, les patients souffrant de NASH non cirrhotique ne disposaient d’aucun traitement médicamenteux ciblant directement la maladie, seules des mesures hygiéno-diététiques pouvaient ralentir sa progression. La situation change avec l’arrivée de Rezdiffra (resmetirom), un médicament récemment approuvé par la FDA américaine, puis mis à disposition en France sous la forme d’un accès précoce. Une avancée qui pourrait transformer la prise en charge des adultes présentant des cicatrices hépatiques modérées à avancées.


Rezdiffra, un mécanisme d’action innovant


Rezdiffra appartient à une nouvelle classe thérapeutique : il agit en tant qu’activateur partiel du récepteur d’hormone thyroïdienne dans le foie. Cette activation permet de réduire l’accumulation de graisses hépatiques, un facteur clé dans la progression de la NASH. Le traitement est conçu pour être utilisé en complément d’une alimentation équilibrée et d’une activité physique régulière, deux piliers essentiels du contrôle métabolique.


Les autorités sanitaires ont fondé leur approbation sur un essai clinique randomisé, en double aveugle et contrôlé par placebo, d’une durée de 54 mois. L’étude a impliqué 888 patients répartis en trois groupes : un placebo, une dose de 80 mg et une dose de 100 mg de Rezdiffra administrée quotidiennement. Les résultats sont prometteurs : après 12 mois de traitement, une proportion significativement plus élevée de patients ayant reçu Rezdiffra ont présenté une résolution de la NASH ou une amélioration des cicatrices hépatiques, comparativement au placebo.


Selon les analyses des pathologistes, jusqu’à 36% des sujets traités ont montré une régression notable de la maladie, contre seulement 9 à 13% dans le groupe témoin. Des progrès majeurs, d’autant plus que la NASH évolue généralement sur plusieurs années.


Sécurité, effets secondaires et précautions d’emploi


Comme tout médicament, Rezdiffra n’est pas exempt d’effets indésirables. Les plus fréquemment observés lors des essais sont la diarrhée et les nausées, généralement modérées. Toutefois, le médicament doit être utilisé avec prudence face à certains risques identifiés, et notamment des effets sur la vésicule biliaire.


Les spécialistes soulignent également la possibilité d’interactions médicamenteuses, en particulier avec les statines utilisées pour réduire le cholestérol. Il est donc essentiel que les médecins consultent les informations de prescription complètes afin d’ajuster la posologie et de prévenir tout effet indésirable.

Pour la communauté médicale et les patients, l’arrivée de Rezdiffra marque une étape historique dans la lutte contre une maladie longtemps négligée. En offrant une option thérapeutique ciblant les mécanismes du foie gras non alcoolique, cette approbation ouvre la voie à une approche plus personnalisée de la NASH, où le mode de vie et le traitement médicamenteux se complètent enfin.

31 mars 2026

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